Observatoire des Nuisances Aériennes Bureau d’études des nuisances aériennes (Association loi 1901) 2, rue des Roblines 91310 LINAS Tel : 06.11.47.01.74 Fax : 01 69 01 70 52 www.nuisances-aeriennes.com e-mail : jumboroger@aol.com |
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Monsieur Gilles de ROBIEN
Ministre des Transports et de l’Equipement 246 Boulevard Saint Germain 75007 PARIS le 12 juin 2003, Monsieur le Ministre,
Vous avez manifesté à de nombreuses reprises votre souci de diminuer les nuisances aériennes sur l’Ile de France. Pleinement en accord avec cet objectif, notre Bureau d’Etudes des nuisances aériennes souhaiterait que soient mis à l’étude deux réformes, qui nous semblent possibles techniquement. 1°) Amélioration des procédures anti-bruit Le bruit des avions au décollage concerne d’abord le
voisinage immédiat de l’aéroport et ensuite une
population beaucoup plus nombreuse, située à plus d’une
dizaine de kilomètres de cet aéroport. On remarque que ces procédures ne remplissent que très partiellement leur objet, puisqu’elles aboutissent au paradoxe suivant : réduction du bruit au voisinage immédiat de l’aéroport, au détriment des zones beaucoup plus urbanisées situées plus en aval. En effet :
Cette procédure actuelle est donc une source de pollution sonore qui pourrait être diminuée, si on reportait cette accélération de vitesse à une hauteur sol plus élevée que les 1000m sol en vigueur. Nous suggérons donc une procédure anti-bruit modifiée comme suit
Comme la nuisance sonore varie considérablement avec la hauteur,
la poursuite de la montée à la poussée et à
la vitesse de décollage jusqu’à une altitude plus
élevée permettrait de prendre de l’altitude dans
les environs immédiats du terrain, et le gain de bruit serait
substantiel pour les riverains situés en aval. Cette disposition ne présente aucune difficulté pour le pilotage. Une telle procédure est tout à fait compatible avec les recommandations de l’OACI, qui laisse aux Etats « la définition de procédures anti-bruit qui répondent aux objectifs des aéroports ». 2°) Changements du niveau et de l’altitude de transition sur les terrains de Charles de Gaulle et Orly.Actuellement, l’altitude de transition est de 4000 pieds sur ces deux terrains et le niveau de transition est à la discrétion des contrôleurs. Lors des négociations avec Eurocontrol sur les arrivées
en piste Ouest à Orly, il avait été défini
que jusqu’à l’interception de l’ILS, le «
plancher » des avions serait fixé à 4000 pieds,
c'est-à-dire 1100m sol. Vous savez que dans presque la moitié
des cas, les contrôleurs font descendre les avions à
3000 pieds (800m sol), ce qui provoque l’indignation des riverains
concernés. La raison invoquée est l’interférence
des arrivées d’Orly avec celles vers Villacoublay ou
Toussus le Noble, qui croisent l’axe de piste d’Orly à
4000 pieds dans leur procédure d’approche actuelle. Pour éviter toute situation incohérente entre les altitudes des avions en départs ou en arrivées, il serait sans doute nécessaire de remonter l’altitude de transition, d’une valeur à définir par vos services. Nous remarquons que la décision des pays européens est libre sur ce sujet, puisque ces altitudes vont de 4000 à 6000 pieds. Concernant le niveau de transition, tous les pays européens sont à la définition « Transition level : ATC », ce qui implique le choix pour un pays de définir celui qu’il souhaite. Rien n’interdit donc à la France de définir le niveau qu’elle souhaite et ce serait l’opportunité de le situer vers le FL 100, ce qui provoquerait un réglage altimétrique à un moment moins chargé pour les pilotes, et qui donnerait une homogénéité aux réglages altimétriques des départs et arrivées, source de sécurité. En nous tenant à votre disposition pour vous accompagner dans ces projets, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération. Christian ROGER Président de l’Observatoire des Nuisances Aériennes
Copies : Monsieur le Secrétaire d’Etat
aux Transports |