Observatoire
des
Nuisances Aériennes


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Développement de l’aérodrome de Melun-Villaroche
Réunion-Débat du 12 novembre 2002

Chambre de Commerce de Seine et Marne/Elus locaux et associations


R.VITTE, Président de la CCI de Seine et Marne, avait convié élus et associations au sein du site de la SNECMA pour un exposé débat sur le développement de l’aérodrome de Melun-Villaroche.

L’exposé de Frédéric PETIT a permis de prendre en compte les points suivants :

• Pour le Pdt de la CCI, il est exclu définitivement que Melun-Villaroche soit utilisé pour le fret aérien, le fret postal, les vols réguliers, les charters, les vols « low-costs » et l’aviation de loisir.
C’est la conclusion finale d’une étude qui a commencé en 1999 sur les possibilités de cet aérodrome.

• La piste principale fait 1975m de long, ce qui exclut toute utilisation régulière de transport public ou de fret avec des avions de type A 320, B 737 et au-dessus.

• Cette piste est déjà utilisée pour la maintenance des avions et cette activité pourrait être développée. Les A 320 ou B 737 peuvent se poser à poids léger, avec peu de pétrole et pas de charge marchande, pour venir faire changer leurs moteurs à la SNECMA (moteurs CFM56 construits en partenariat avec General Electric).

• Une deuxième utilisation possible de cette piste est celle d’avions d’affaires, à hélices turbopropulseurs ou jets.

• L’aérodrome ne sera pas ouvert la nuit.

Ce sont les deux axes de développement envisagé par la CCI pour contribuer au développement économique régional. Le Pdt de la CCI rapporte que 33% de la population de Seine et Marne a moins de 25 ans.

A quel trafic ce projet aboutirait-il ?

Le pic de l’activité de l’aérodrome a été atteint en 1976 avec 71.000 mouvements annuels (1 mouvement = 1 atterrissage ou un décollage). Cette grosse activité devait beaucoup au trafic du Centre d’Essais en Vols, qui a déménagé depuis. L’activité a été de 22.000 mts en 2000 et de 24.000 en 2001, dont une partie se fait déjà en aviation d’affaires.

• A un horizon de 7 à 10 ans, le trafic d’aviation d’affaires pourrait être d’environ 5000 avions par an, c’est à dire environ 20 avions par jour sur un rythme de 250 jours/an. Ce sont des avions qui ne font que de brèves escales.

• Le trafic maintenance pourrait être à court terme de 4 avions par jour, restant 24 ou 48heures.

Les questions des élus et associations

• Que se passerait-il si on allonge la piste utilisable ? Ne risque-t-on pas d’ouvrir la boite de Pandore ?: Réponse : ce serait un projet lourd, à la fois politique et technique et qui n’est absolument pas envisagé. Pour le Président VITTE, les élus doivent garder dans l’avenir la proximité de la décision d’un développement.

• Pourquoi la réunion de la CCE de Melun a-t-elle été reportée du 5 septembre au 10 octobre, puis au 14 novembre, pour être enfin reportée encore à une date inconnue ? Pas de réponse de la CCI !

• Le problème de la constitution de cette CCE est aussi posé par des élus.

• Quid du financement ? Réponse : Les infrastructures sont en grande partie existantes et il y a peu de choses à ajouter pour satisfaire le trafic d’affaires. Donc aucun problème de financement.

• Quelques élus font part de leur opposition au projet de développement de l’aviation d’affaires.

Commentaires de l’Observatoire des Nuisances Aériennes

• Il est certain qu’en l’état actuel de la piste, seul les trafics d’affaires et de maintenance sont possibles et il serait donc absurde de tenir un langage alarmiste sur l’ouverture de Melun à un flot de passagers ou de fret.

• La transformation éventuelle de cet aérodrome en plate-forme de desserrement d’Orly et Roissy n’est pas crédible, car l’espace aérien disponible ne le permet pas, coincé très bas sous les trafics d’Orly et de Roissy.

• L’aviation d’affaires effectuée par des avions à turbopropulseurs est peu bruyante. Par contre, la totalité des jets d’affaires sont équipés de réacteurs à simple flux, donc des moteurs bruyants.

• Au départ, ces avions sont amenés à faire des trajectoires basses à environ 650m de haut, avant de rejoindre le flot de Roissy ou d’Orly.

Les élus décideurs auront donc à peser ces inconvénients de nuisances aériennes par rapport aux retombées économiques à attendre. Choix crucial de la société actuelle, qui rend très inconfortable la situation d’élu !

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