Observatoire des Nuisances Aériennes Bureau d’études des nuisances aériennes (Association loi 1901) 2, rue des Roblines 91310 LINAS Tel : 06.11.47.01.74 Fax : 01 69 01 70 52 - www.nuisances-aeriennes.com e-mail : jumboroger@aol.com |
Conformément à nos craintes exprimées depuis
des mois, la Commission parlementaire a botté en touche sur la nécessité
de la construction d’un 3ème aéroport dans le Bassin Parisien,
repoussant une décision à au moins 5 ans.
Les mesures palliatives proposées ne sont à la mesure ni des nuisances
aériennes actuelles et futures sur l’Ile de France, ni des impératifs
de développement d’une industrie du transport aérien vitale
pour le développement économique de la France.
Ainsi :
• Nous constatons que l’affirmation du Président de la Commission sur la nécessité de donner toutes les chances de développement au Hub intercontinental de Roissy, meilleur d’Europe, est contredite par un blocage inéluctable et relativement proche du trafic aérien de Roissy, si rien de plus sérieux n’était fait.
• La Commission propose passage des 510.000 mouvements aériens de Roissy à 680.000 en 2020, ce qui correspond à une croissance annuelle moyenne de 1,6%, alors qu’elle a été de 8% par an entre 1980 et 2000. Cette perspective est complètement irréaliste et dans la lignée des affirmations passées de divers hommes politiques, qui ont toujours sous estimé lourdement la croissance de l’aéroport de Charles de Gaulle, parfois de quinze ans.
• Les mesures préconisées de délocalisation d’une partie du trafic ne concernent tout au plus que 10% du trafic actuel de Charles de Gaulle et ne sont pas de nature à écarter un blocage « mécanique » ses mouvements de trafic.
• L’intermodalité avec le rail est certes indispensable, mais entraînera un transfert inférieur à 8% du trafic prévisible et ne constitue donc pas une solution de remplacement du 3ème aéroport.
• Nous contestons également l’affirmation de la Commission, de « l’absence d’emprise foncière viable à moins de 100km de la capitale », ce qui est faux. En effet, le site de Montdidier est 83km du centre de Paris et à 70km de Roissy. Il permettrait une synergie commerciale avec le Hub de Roissy. Ce site avait été étudié par la Commission DUCSAI et était le seul pour lequel Air France avait donné un avis favorable.
Mais il est vrai qu’il est en bordure immédiate des circonscriptions de deux députés de la Commission, dont son Président.• Il est également paradoxal que tout en écrivant « qu’il est impossible de contraindre une compagnie à se délocaliser sur un nouvel aéroport », la Commission préconise l’utilisation de Vatry pour le fret tout cargo, alors que cet aérodrome stagne depuis quatre ans à 1000 mouvements commerciaux par an, contre 720.000 sur CDG+ORY. S’il suscitait l’engouement des compagnies, elles y seraient déjà !
• Irréaliste également, la suggestion de la Commission d’une synergie entre Air France et KLM, pour délocaliser à Amsterdam une partie du trafic de Roissy, sachant qu’une limitation de croissance inférieure à la demande évaluée est déjà décidée sur Amsterdam. En outre, à un moment où le Président de la République veut donner une priorité à l’emploi, il est singulier que la Commission propose l’utilisation des Hubs concurrents de Londres, Francfort et Amsterdam au lieu de celui d’Air France.
La plupart des mesures proposées par la Commission s’inscrivent dans un objectif réalisable et souhaitable. On citera notamment la transparence sur les trajectoires, les montées et descentes optimisées, semblables à celles réalisées à Londres depuis plus de 20 ans, et les mesures concernant la proximité de l’aéroport.
Toutefois, écrire « qu’il faut préserver l’équilibre
actuel d’Orly » et proposer dans le même temps d’y
développer le trafic long-courrier, c’est mission impossible,
puisque les nuisances les plus insupportables sont justement le fait de ces
long-courriers, surtout au moment même où les élus et
associations de riverains demandent la délocalisation vers Roissy de
la quinzaine de mouvements de Gros Porteurs d’Orly.
Orly est sera de plus en plus enclavé en tissu urbain et il y aurait
lieu d’en tirer une fois pour toutes les conclusions.
Une fois de plus et de façon désespérante, la Commission
a remis aux élus politiques futurs le soin de prendre les responsabilités
sur ce 3é aéroport.
Si l’usage de cet aéroport n’est pas d’une utilité
immédiate, il est pourtant inéluctable à moyen terme
et les mesures irréalistes proposées par la Commission s’apparentent
à un cautère sur une jambe de bois.
Notamment, l’intérêt général aurait commandé
que la Commission propose de réserver un site pour l’avenir de
façon à y geler les emprises foncières nécessaires,
de façon à éviter de se retrouver dans une situation
inextricable dans peu d’années.
Nous souhaitons qu’une décision plus conforme aux besoins de
notre pays soit décidée au plus haut niveau de l’Etat.