Observatoire
des
Nuisances Aériennes


Bureau d’études des nuisances aériennes
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Exposé de Christian ROGER
lors du Colloque : « Quels aéroports pour le 21° siècle »
Assemblée Nationale

20 juin 2003

 

Mesdames et Messieurs, j’ai l’impression d’enfoncer une porte ouverte en déclarant que la nécessité du 3é aéroport doit s’évaluer en fonction de la saturation inéluctable de Roissy- Charles de GAULLE (CDG).

Si on étudie la croissance d’Orly et de Roissy, il apparaît que :

• Orly a en 2002 le même nombre de 200.000 mouvements qu’en 1973, avec une faible variation autour de ce chiffre.
• A Roissy, la croissance a été très importante pour un aéroport, notamment de 8% en moyenne annuelle entre 1980 et 2000.
Ceci conduit à une saturation inéluctable, dont il faut évaluer l’année où elle interviendra et les solutions palliatives.

Saturation de Roissy

Il s’avère que cette saturation n’interviendra pas du fait des aérogares, qui permettront le traitement des passagers, mais de la capacité piste de CDG à recevoir et faire décoller les avions.
Roissy est identique ATLANTA, premier aéroport au monde, qui traite 900.000 mouvements par an, avec une même structure de 2 doublets de 2 pistes avec les aérogares au milieu

Mais nous partageons l’analyse d’Aéroport de Paris, pour penser que ces 900.000 mouvements ne seront pas réalisés, car :
• La MTO est plus défavorable à CDG
• La circulation aérienne plus difficile
• Nous pensons aussi qu’inéluctablement, il va s’installer un couvre-feu nocturne à l’échelle européenne sur tous les grands aéroports internationaux, pour que la concurrence soit préservée.

Actuellement, le trafic de CDG est de 500.000 mouvements. Quand ces fatidiques 800.000 mouvements seront-ils atteints ?

• Il faut d’abord sortir de la stagnation actuelle du transport aérien, qui résulte de l’accumulation de la bulle boursière, de l’effet 11 septembre, de la guerre d’Irak et du SRAS :
Mais cette crise est passagère et nous avons retenu l’hypothèse d’une sortie en fin 2006, par souci de prudence. Mais les deux constructeurs Airbus et Boeing ont déclaré au Salon du Bourget que cette sortie de crise se produirait en 2004 et cette opinion est partagée par Air France.

Après la crise, quelle pente de croissance de Roissy Charles de Gaulle jusqu’en 2020 ?
Prévisions mondiales annuelles de croissance: Airbus 4,7% - Boeing 4,9% - AF = 5%
Pour notre part, nous avons retenu pour Roissy une croissance annuelle de 4,3%, qui est d’une grande prudence, si on se réfère 8% annuels enregistrés ces 20 dernières années sur CDG

Malgré cette prudence, le graphique ci-dessous montre que nous aboutirons à une saturation vers 2016 ou 2012


Document : Observatoire des Nuisances Aériennes
Que ce soit en 2012 ou 2016, ce qui apparaît, c’est qu’en 2003, si le Gouvernement pratique une politique responsable pour l’aménagement du territoire, il n’a pas le droit de botter en touche sur ce problème, car il s’écoule une quinzaine d’années entre la décision de construire un aéroport et le moment où il est opérationnel.

 

Quelles sont les alternatives au blocage de CDG

Développer Orly

C’est un aéroport déjà enclavé et qui le sera de plus en plus. Il serait irréaliste de vouloir faire d’Orly un pôle de développement en ville pour 21è siècle
Comme aurait dit Alphonse ALLAIS : « Il faut mettre les aéroports à la campagne ».

Transférer la croissance de Roissy dans les Régions

Ce serait un échec assuré

Le Hub de Roissy est le meilleur Hub intercontinental d’Europe et devrait conforter cette pôle position, sous réserve qu’on ne lui coupe pas les ailes.

On ne peut créer des Hubs intercontinentaux dans les Régions parce que les zones de chalandise y sont insuffisantes. C’est la structure historique de la France qui veut cela (voir notre rapport intégral).

Ce serait construire des aérodromes là où il n’y aurait pas de clients à ne pas en disposer là où on en aurait besoin.
Une compagnie aérienne n’ira pas où l’échec est assuré et il faut absolument admettre en France que l’époque d’un GOSPLAN dirigiste à la soviétique est obsolète.

Créer 6 pistes à Roissy

Nous sommes à 500000 mouvements en 2002 et passerions à 1.200.000 mouvements quand les pistes seraient opérationnelles.
Cela signifierait 1 avion toutes les 17 secondes à l’atterrissage ou au décollage. Ce serait un enfer environnemental, et les politiques qui laisseraient faire auraient à le payer ensuite, car les victimes n’oublieraient pas les responsables.

La seule alternative conforme à l’intérêt national : Un 3éme aéroport

La condition essentielle du succès est que cet aéroport puisse être en synergie commerciale avec Roissy, ce qui implique qu’il ne remette pas en cause le système de correspondances du Hub de CDG, qui est la racine du succès d’un Hub intercontinental.
Si le mélange inéluctable des deux trafics de CDG et du 3ème aéroport ne permet pas des temps de correspondance les plus courts possibles, les passagers iront tout simplement sur d’autres Hubs (Francfort, Amsterdam, Londres).
Et les emplois avec.
Le temps de trajet maxi pour ne pas compromettre le système de correspondances est de 20 minutes. Cela correspond à 70km de TGV.

Concernant le lancement imminent du projet de liaison CDG Express, reliant la Gare de l’Est à CDG, il serait irresponsable de ne pas établir une capacité de passer en TGV, pour relier aussi le 3ème aéroport.

Le site de Montdidier est le seul qui remplisse les conditions du succès commercial, sans lequel il serait inconséquent d’envisager cet investissement.

Parmi tous les sites étudiés par la commission DUCSAI, c’est le seul qui permet ce temps de 20 minutes de TGV, tout en étant praticable en circulation aérienne.
C’est le seul site qui avait été accepté par Air France lors de la commission DUCSAI
C’est le meilleur endroit possible aussi pour drainer les zones de chalandise du Bassin Parisien, du Nord de la France et du Bénélux, tant pour les passagers que pour le fret.

C’est donc celui que nous proposons d’adopter

Pour le bureau d’études de l’Observatoire des Nuisances Aériennes, iI est clair que la décision sur cet aéroport doit être celle du Président de la République, qui a seul l’autorité pour s’affranchir de considérations qui ne seraient pas uniquement guidées par la seule perspective de l’intérêt national


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