Observatoire des Nuisances Aériennes Bureau d’études des nuisances aériennes (Association loi 1901) 2, rue des Roblines 91310 LINAS Tel : 06.11.47.01.74 Fax : 01 69 01 70 52 - www.nuisances-aeriennes.com e-mail : jumboroger@aol.com |
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Nota : pour ouvrir les dossiers en annexe, cliquez sur les indications entre guillemets en italiques bleues
Le 19 septembre, sous la Présidence du Préfet de lIle de France, Eurocontrol a remis son rapport final, devant un aréopage nombreux délus, Présidents dassociations et de membres de la DGAC.
Le rapport ne traite pas des problèmes de décollage face à lEst, parce que la mission confiée à Eurocontrol ne prévoyait pas cette étude et que de toutes façons, le calendrier chargé ne leur permettait pas de procéder autrement. Mais il est entendu pour toutes les parties, Administration, Elus, Associations que ce problème est traité dès maintenant, mais séparément des trajectoires darrivée. (Voir notre dossier " Les départs vers lEst " en revenant au sommaire).
A lévidence, il faut que cette trajectoire de départ soit réformée pour quelle soit applicable au printemps 2002.
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Eurocontrol a rappelé le contexte de la circulation dans la région parisienne et les blocages qui justifient les études actuelles de modifications. Paris est la zone terminale la plus compliquée dEurope (Ndlr : les tests lâcher des commandants de bord américains seffectuent très souvent sur un vol vers Paris !).
Divers points de blocages existent, notamment celui du point dentrée Nord-Ouest (Merue), qui reçoit les flux provenant du Sud-ouest de la France (14% du total de lactivité de Paris) et le flux provenant de lAtlantique (22%). Il en résulte une situation critique sur le plan sécurité et des attentes monumentales de 9200h par an, sources de pollution et de pertes financières considérables (45% des attentes de la région parisienne).
Il a donc été décidé de créer deux portes dentrée Sud-Ouest pour la région parisienne (pour Charles de Gaulle et Orly), qui nexistaient pas jusquà maintenant. De la porte Orly (Momin) arrive le fameux couloir darrivée en discussion, qui doit passer par le Sud dOrly, le Nord où il passe actuellement étant dévolu à Roissy.
Le rapport dEurocontrol passe en revue pour Orly les différentes solutions de couloir darrivée vers latterrissage face à lOuest. Les trajectoires ont été étudiées en simulateur de vol du 25 au 28 juin 2001 à Orly, ainsi que le 5 septembre. Les critères danalyse ont été les suivants :
Sécurité :
Le niveau requis de sécurité ne doit être compromis en aucune circonstance.
Les flots de trafic convergents davions en montée et descente doivent être exclus.
Environnement :
La considération de lenvironnement est impérative et doit être prise en compte dans lanalyse des critères de sécurité et capacité. Non seulement le bruit, mais aussi les émissions toxiques doivent être minimisées (pétrole consommé). Des efforts doivent être faits pour minimiser limpact environnemental.
Pour minimiser limpact sur lenvironnement, les niveaux de vol les plus élevés possibles doivent être utilisés, lorsque possibles opérationnellement.
Capacité :
Durant la phase darrivée de régulation radar, là où les contrôleurs espacent les avions tous les 5km pour latterrissage, les procédures doivent être simples pour faciliter la capacité maximale datterrissage
Les interférences entre les trafics arrivées et départs doivent être sans conflit potentiel.
Différents scénarios
Pour ne pas compromettre les attentes en vol au-dessus des nouveaux points dentrée Sud-Ouest de la région parisienne, le FL 110 (3300m) a été jugé comme devant être commun à toutes les trajectoires, pour éviter les conflits entre les circuits dattente de Momin (pour arrivées Orly) et Balod (pour arrivées Roissy), qui sont assez voisins.
Trajectoires étudiées en simulateur : " Cliquez Annexe 1 : Carte des trajectoires darrivées DGAC, Eurocontrol et ANA "
Les commentaires dEurocontrol ont été les suivants :
Route darrivée dans le Loiret par Châteaudun, Pithiviers, Melun au FL 130 (4000m), puis descente au FL 90 (3000m) Arrivée sur une branche parallèle à larrivée de Melun - Interception du plan de descente final à 5000 et 6000 pieds (1500 et 1800m) Départs passant par-dessus les arrivées.
Eurocontrol a jugé que :
(Ndlr : allongement de 5 minutes de larrivée venant du Sud Ouest = une perte de 9.000 heures de vol au total par an sur Orly).
Conclusion dEurocontrol : cette trajectoire est donc déclarée NON VIABLE, pour des raisons de sécurité et de problèmes techniques.
Trajectoires Alerte Nuisances Aériennes
Nous avions proposé une trajectoire à 4300m au FL 140, qui passait sur la forêt de Fontainebleau, à 33 km au sud dOrly.
Sur ce projet, les contrôleurs avaient signalé des inconvénients (Arrivée à 4300m gênant les attentes en vol, paliers de quelques minutes à 4000m pour les avions au départ, ce qui nétait pas nuisant et interception des deux flux venant du Sud-Ouest et du Sud-Est trop éloignée de latterrissage). A la demande dEurocontrol, nous avons dû réduire laltitude darrivée à 3300m, ce qui entraînait des paliers au départ à 3000m, qui enlevaient complètement la cohérence de notre projet, bien que nous ayons remonté sa trajectoire plus au Nord. De ce fait, le verdict dEurocontrol était connu davance !
Eurocontrol a jugé que :
Conclusion dEurocontrol : cette trajectoire présente beaucoup dinconvénients. Il faudrait revoir son tracé sol, qui est la source de ces inconvénients.
Arrivée au FL 100 (3000m) Branche vent arrière à 9km au Sud du terrain dOrly) - Descente au FL 70 (2100m) atteints par le travers de la balise OYE, située à 12km à lEst dOrly Départs passant sous les arrivées Quelques paliers exceptionnels interrompant la montée, sur le départ Pirog (le plus à lOuest) Interception du plan de descente final (Glide Path) à 3000 pieds (900m).
Eurocontrol juge que :
Conclusion dEurocontrol : cette trajectoire est donc récusée
Du fait du rejet massif de sa trajectoire initiale par les populations, la DGAC a présenté à Eurocontrol des modifications, mais qui ne portent pas sur la trajectoire sol de la trajectoire initiale qui avait déclenché le conflit, contrairement à ce quavait demandé Eurocontrol.
Arrivée au FL 110 (3300m) Interception du plan de descente final à 4000 pieds au lieu de 3000, (1200m au lieu de 900m). Ces deux modifications répondaient aux demandes dAlerte Nuisances Aériennes.
Eurocontrol a jugé que :
Conclusion dEurocontrol : Ce scénario procure une solution optimisée qui autorise suffisamment de capacité et de flexibilité. Linterception du Glide Path est OK, sauf exception en pointe. (Ndlr : Eurocontrol ne mentionne pas que le nombre de populations survolées reste aussi important que dans la première version DGAC et quil na été procédé à aucun déplacement de trajectoire, alors que cette exigence avait été formulée).
Toutes les trajectoires présentées ayant des inconvénients, Eurocontrol a donc considéré quil serait utile de proposer sa propre trajectoire, en faisant une synthèse des avantages de toutes celles présentées), et qui présenterait les caractéristiques suivantes (Cliquez annexe 1 : carte) :
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Nous ne sommes pas loin du stade final de cette affaire, cest à dire de la décision du Ministre des Transports, qui devrait intervenir en novembre 2001. Le fait que lACNUSA ait refusé de donner un avis favorable du fait de labsence de garanties devrait retarder ce processus, mais ne pas lannuler.
Nous devons donc faire leffort de nous mettre à la place du décideur et imaginer ses critères de décision.
Il lui faut évidemment satisfaire impérativement le critère de sécurité. Ensuite, faire un compromis entre les aspirations légitimes, et souvent contradictoires, de respect de lenvironnement et des missions économiques du trafic aérien.
Le 24 octobre, le Conseiller aéronautique du Ministre des Transports a reçu le Pdt dAlerte Nuisances Aériennes et lui a confirmé que le trajet Eurocontrol serait celui retenu par le Ministre.
Nous remarquons quen proposant sa propre trajectoire, Eurocontrol a adopté plusieurs des propositions de notre cahier des charges, sur laltitude, le nombre de populations survolées, une descente moteurs réduits et une interception du plan de descente final à 1200m.
Concernant le point de descente, il faut prendre en compte la distance incompressible qui sépare ce point du toucher des roues à Orly. Tous les avions de ligne descendent les moteurs réduits sur une pente de 5% et perdent ainsi 50m daltitude par kilomètre parcouru. Il faut donc 66km de descente, auxquels il faut ajouter 5km de palier avant latterrissage, pour sortir le train et les volets datterrissage.
Il faut donc commencer la descente 71km avant latterrissage, ce qui nous amène effectivement quelques kilomètres à lEst de Brétigny (en trajectoire développée).
Les déviations latérales : jusquà Melun Villaroche, elles nont pas lieu dêtre, car ce trajet est un couloir de navigation. A ne pas confondre avec une zone de régulation radar, dans laquelle les contrôleurs aériens donnent des caps différents aux avions pour les espacer avant latterrissage.
Depuis 25 ans le couloir qui amène les avions à se poser à Orly face à lOuest existe et passe au Nord dOrly, à proximité de Rambouillet, sur laérodrome de Toussus le Noble. Les trajectoires radar enregistrées de ce couloir existant tiennent sur une largeur de 2km. Il en sera de même pour la version Sud de ce couloir, et il est donc peu sérieux de chercher à affoler les riverains avec inquiétudes non fondées.
Pour en juger, il suffit de regarder un enregistrement radar de la trajectoire Nord actuelle :
Cliquez Annexe 2 Couloir arrivée Nord actuel pour la piste 26 face à l'Ouest
Ce relevé radar montre sans ambiguités que dans toute la branche "Vent arrière" d'arrivée, la dispersion est très faible et le couloir fait environ 2 kilomètres de large, jusquau début de la régulation radar, qui commence par le travers de Brie Comte Robert. Il en sera de même pour le couloir Eurocontrol
Cliquer Annexe 3 : Enregistrement radar dune simulation de la trajectoire dEurocontrol.
Les déviations verticales : il ny a aucun risque de quitter prématurément 3300m, tant que les couloirs de départ ne sont pas croisés. Cest une obligation sous peine de collisions aériennes. Cette protection naturelle va donc presque jusquà Brétigny, où se trouve le point de descente normal. Au-delà, le respect des altitudes dépendra des garanties à fournir par la Direction de lAviation Civile, sur lesquelles lACNUSA a démontré sa détermination en refusant le projet tant quil ny aurait pas ces garanties.
Faire passer les avions au départ sous les couloirs darrivées est une mesure de sécurité quaucun spécialiste ne discute. TOUTES les trajectoires qui ont été étudiées présentent des cas de paliers pour les avions exceptionnellement légers et cette occurrence est dautant plus grande que lon déplace vers le Sud le couloir darrivée en discussion.
Pour la trajectoire dEurocontrol, la nuisance de ces paliers doit être fortement relativisée :
En définitive, la proposition dEurocontrol est donc la solution la moins nuisante qui pouvait être présentée si lon voulait garder un équilibre raisonnable entre les intérêts des riverains et ceux de laviation civile.
| Gaston
GERMAIN Ingénieur CNAM aux Recherches de la SNECMA Pilote privé IFR | Christian
ROGER Président d'Alerte Nuisances Aériennes Commandant de Bord B747 Air France (R) Ancien Leader de la Patrouille de France Ex-Pdt du Syndicat National des Pilotes de Ligne d'Air France |